Nouveauté 2015 sur Economiqs !

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Ils aideront également tout public à acquérir et développer, sans effort, des connaissances essentielles en économie.

Ces ebooks pourront vous accompagner partout sur vos appareils mobiles.

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LA BANQUE DE FRANCE TIRE LA SONNETTE D’ALARME

Écrit par Philippe Narassiguin. Publié dans Libres propos

 

La Banque de France

Dans sa lettre introductive au Rapport annuel de la Banque de France (2012), le Gouverneur donne son avis sur notre situation économique. Son jugement est clair et le Gouvernement pourrait au moins le suivre. Pour l’instant, tant que les analyses ou recommandations étaient faites par des économistes, personne n’y portait attention. Désormais c'est le Gouverneur de la Banque de France en personne qui demande une remise en cause significative de notre politique économique.

 

La question de la croissance et de la compétitivité

 

Le Gouverneur de la Banque de France consacre la quasi-totalité de sa lettre à la situation française, extrêmement préoccupante. Concernant la question de la croissance économique, il note que la « croissance ne se décrète pas. Elle exige une reconversion profonde des politiques publiques ».

Pour ce qui est de la compétitivité, il souligne que les « parts de marché de la France se dégradent sensiblement dés le début de la décennie 2000, y compris vis-à-vis des pays européens autres que l’Allemagne ».

Il estime par ailleurs que tous les aspects de la politique économique doivent être réexaminés en profondeur.

 

La question du marché du travail

 

Le fonctionnement du marché du travail doit être revu. Sa question sur les aides à l’emploi ne laisse aucun doute sur l’ampleur des réformes à effectuer, car elle pose indirectement celle de l’absence de flexibilité du marché du travail en France : « les aides ne visent-elles pas souvent à compenser les rigidités qu’il serait plus efficace (et moins coûteux) de corriger directement » ?

La question de la flexibilité demeure en effet un sujet tabou dans notre pays.

 

Une priorité : la baisse des dépenses publiques

 

Pour le Gouverneur, il ne s’agit pas de se tromper de débat. Ce sont bien les dépenses publiques qu’il faut réduire et non pas les cotisations sociales qu’il faut augmenter : « les dépenses sociales représentent de l’ordre de 30% du PIB et la trajectoire des déficits sociaux n’est pas soutenable en l’état. Céder à la tentation de recourir régulièrement à des hausses de cotisations pénalise le coût du travail, donc l’activité et l’emploi : c’est bien du côté de la dépense qu’il faut agir ».

Son diagnostic est donc sans appel.

 

La question de la création d'entreprises

 

Enfin, selon le Gouverneur « le foisonnement et l'instabilité des règles en matière de droit fiscal, de droit social et dans bien d'autres domaines apparaissent comme un obstacle sérieux à la création et au développement d'entreprises et plus généralement d'activités économiques ».

Cet aspect est bien évidemment fondamental.

 

Conclusion

 

Les recommandations du Gouverneur de la Banque de France rejoignent celles de l’OCDE, du FMI, de la Cour des Comptes, sur la nécessité d'un changement substantiel de politique économique.

Souhaitons qu'elles soient enfin entendues.

 

Philippe.

 

 

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LE TOURISME EN FRANCE : PEUT-ON FAIRE MIEUX ?

Écrit par Philippe Narassiguin. Publié dans Libres propos

 

Tourisme en France

La France est la première destination touristique mondiale avec un peu plus de 83 millions de touristes pour l'année 2012. La filière touristique emploie environ un million d'emplois directs et induit indirectement des centaines de milliers d'autres emplois. Le tourisme pourrait permettre à la France de traverser plus aisément la crise économique actuelle, si l'on considère plusieurs critères.


Le tourisme dans la balance française des paiements

Le poste "Voyages" de la balance des paiements dégage pour 2012 un solde excédentaire de 11,3 milliards d'euros. Si l'on prend le solde de la balance des biens et des services, le déficit est de 38 milliards d'euros. La balance commerciale étant fortement déficitaire (-70,6 milliards d'euros), les services permettent donc à la France de réduire son énorme déficit commercial, le tourisme jouant à lui seul un rôle primordial.

Après une forte réduction de la balance touristique dans les années précédentes, le solde de 2012 est à peu près le même que celui de 2007. Il représente la différence entre les dépenses des touristes étrangers en France (41,7 milliards d'euros) et des touristes français à l'étranger (30,4 milliards d'euros).


Une filière insuffisamment exploitée avec des perspectives extraordinaires.

Si l'on s'en tient à des critères mesurables, la France n'exploite pas ses nombreux atouts, contrairement à ses concurrents étrangers.  Selon un rapport du Sénat (juin 2011), plusieurs axes doivent être travaillés. Par exemple, la durée de séjour des visiteurs étrangers  allant dans les hôtels y demeure faible (6,7 nuitées en 2009). Il est donc nécessaire de rendre l'offre plus attrayante. En effet,  le prix du séjour doit correspondre à un certain volume de services fournis, et cette question doit être étudiée en profondeur.

Par ailleurs, comme l'indique l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT-2009), la dépense par touriste est plus faible que dans des pays aux caractéristiques similaires. En France, elle est de 643 dollars (USD) par touriste, contre 1710 USD aux États-Unis, 1019 USD en Espagne, 1434 USD en Allemagne et 1045 USD au Royaume-Uni.


Une simulation simple

Pour donner une image forte, si chaque touriste étranger dépense en France comme il le fait en Allemagne, les recettes touristiques de la France seraient plus que doublées. Un strict doublement signifierait qu'elles passeraient de 41,7 milliards à 83,4 milliards d'euros si l'on retient l'année 2012 comme référence. Les dépenses des touristes français à l'étranger restant à peu près au même niveau, on imagine le gain colossal pour l'économie française. Cela engendrerait une  croissance importante du nombre d'emplois dans ce secteur et une entrée considérable de devises. En outre, le solde de la balance touristique contribuerait encore plus à la réduction du déficit de notre balance commerciale.

Enfin, comme l'indiquent les chiffres, les touristes venant des pays émergents ont contribué en 2012 à l'amélioration de nos recettes touristiques, de façon significative. Cette clientèle représente un enjeu considérable pour les pays qui ont une tradition touristique établie. Il serait dommage que nous n'en profitions pas au maximum avec tout le potentiel qui est le nôtre. Le tourisme est un véritable filon d'or pour la France métropolitaine et d'outre-mer. A condition d'améliorer la qualité de nos prestations de services.


Philippe.

 

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L'ÉCONOMIE SOLIDAIRE CRÉE-T-ELLE DES RICHESSES ?

Écrit par Philippe Narassiguin. Publié dans Libres propos

 

Illustration économie sociale et solidaire

Avec les mesures annoncées en faveur de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS), le gouvernement souhaite créer des emplois. Il est vrai que l'expression d'ESS sonne mieux que le mot de capitalisme, responsable de beaucoup de crises d'après une pensée de plus en plus dominante en France.


Que cache l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) ?

Les chiffres qui sont communiqués impressionnent. L'ESS regrouperait 200000 entreprises et représenterait 10% du PIB et 10% des emplois en France, soit 2,3 millions de salariés. Ces "entreprises" sont en réalité très hétérogènes, car on y trouve des associations, des mutuelles, des coopératives ou des fondations. Or, cette hétérogénéité cache des différences de taille entre par exemple des coopératives agricoles qui font partie du secteur marchand et des associations subventionnées par l'État ou par les collectivités locales.

L'activité non marchande n'est pas à proscrire, mais son champ doit être encadré et son impact doit être évalué. Si l'on finance des associations de lutte contre l'illettrisme, cela peut-être utile pour la société, mais dans ce cas, le personnel devrait être bénévole. Car, on pourrait alors se demander pour quelles raisons l'Éducation Nationale n'a pas rempli son rôle, y compris pour les jeunes enfants qui en sortent illettrés.


Économie marchande et non marchande

Il y a une grande confusion dans les mots. On devrait parler d'économie marchande et d'activités non marchandes. Car, jusqu'à preuve du contraire, c'est l'économie marchande qui crée des richesses et qui,  par le biais de l'impôt, finance les activités non marchandes. Lorsque l'Insee établit le Produit Intérieur Brut (PIB), il inclut le PIB non marchand.

Revenons un instant à l'exemple de l'association de lutte contre l'illettrisme et supposons qu'elle bénéficie d'un financement public lui permettant de créer dix emplois. Ces dix emplois génèrent dix salaires qui sont comptabilisés dans la valeur ajoutée non marchande. Or, le PIB est la somme de deux catégories de  valeurs ajoutées : marchande et non marchande. Lorsque l'activité non marchande augmente, par le biais d'associations subventionnées, le PIB augmente mécaniquement. Cela crée deux grandes illusions : celle d'une augmentation de la richesse et celle d'une hausse du taux de croissance économique.


Le Gouvernement souhaite prêter 500 millions d'euros à ce secteur appelé ESS, par le biais de la Banque Publique d'Investissement (BPI). Il serait souhaitable que ces prêts ne correspondent pas à des gaspillages supplémentaires. Mais ce serait beaucoup mieux s'il s'occupait un peu plus des petites entreprises privées du "système capitaliste".

 
Philippe.

 

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LES BUREAUCRATES ET L'INNOVATION

Écrit par Philippe Narassiguin. Publié dans Libres propos

 

Photo de Bill Gates et Steve Jobs

Nos bureaucrates font toujours preuve d'un grand talent, lorsqu'il s'agit de vendre à l'opinion publique des plans à dix ou vingt ans sur l'innovation. Les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, font une confiance aveugle à ces nombreux jeunes énarques qui peuplent les ministères et à qui l'on demande de faire des plans stratégiques. Les mots font rêver : investissements d'avenir, recherche et innovation, économie numérique...

Que tout Gouvernement fasse des investissements, quoi de plus normal. Nous payons d'ailleurs des impôts qui doivent servir en priorité aux infrastructures d'avenir. Or, ces impôts sont de moins en moins consacrés à préparer le futur, car ils sont affectés depuis trente ans à la croissance de la bureaucratie. Autrement dit au fonctionnement des organisations publiques et au détriment justement des investissements.


Des annonces triomphales pour faire rêver


Les annonces triomphales du type "investissements d'avenir" sont des opérations de communication servant à masquer l'effondrement massif des projets à mettre en place pour le futur. C'est en consultant les rapports économiques des autres pays et en regardant les réalisations qui se font que l'on constate à quel point notre Etat n'a plus d'argent. Et à quel point les dépenses de fonctionnement ont hypothéqué notre avenir. Après les 35 milliards du précédent Gouvernement, on continue avec un petit 12 milliards, soit 47 milliards au total. Comme ce sont des plans sur dix ou vingt ans, personne ne se demandera alors quel montant a été réellement dépensé et quel en a été l'impact.  En outre, les niveaux de notre dette publique ainsi que le paiement des salaires de plus de cinq millions de fonctionnaires ne nous offrent plus aucune marge de manœuvre.


L'entrepreneur et l'innovation


Comme l'a bien montré Joseph Schumpeter (1883-1950), ce sont les entrepreneurs qui innovent. L'innovation sort du cerveau d'un individu et non pas d'une organisation. Heureusement que Bill Gates (Microsoft), Steve Jobs (Apple), Larry Page (Google), Jerry Yang (Yahoo), Mark Zuckerberg (Facebook) et bien d'autres n'ont jamais appris à l'école des mots comme "économie numérique". Ils ont créé leur entreprise avec des copains dans les garages de leurs parents ou dans leurs chambres d'étudiants. Ils ont généré des centaines de milliards de dollars de chiffre d'affaires  et créé des milliers d'emplois dans leur pays et dans le reste du monde. Mieux : ils ont changé le monde. Mais ils évoluent dans un pays "business friendly", alors que le nôtre pratique un sport national : la créativité en matière fiscale ou comment mieux décourager les entrepreneurs.


Innovation et réussite entrepreneuriale


Nous ne manquons pas en France de jeunes entrepreneurs qui ont des idées et qui créent leur entreprise. Mais l'innovation, pour qu'elle se transforme en réussite entrepreneuriale signifie que l'on réduise radicalement la structure des coûts des entreprises. A ce moment, nous verrons émerger des entreprises capables de créer des milliers d'emplois, en partant de rien. Nous verrons également apparaître de nouveaux géants qui relègueront en deuxième classe les entreprises actuelles du CAC 40, dont la composition n’a pas beaucoup bougé depuis trente ans. Nous serons capables de repenser l'avenir. En dehors des fantasmes de nos bureaucrates.


Philippe.